Que la paix soit sur l'amour le jour où il advient, et le jour où il disparait, et le jour où il renouvelle ses amants dans les hôtels! Qu'a-t-il à perdre, l'amour? Nous prendrons notre café dans le soir du jardin. Au diner, nous raconterons les récits de notre exil. Puis nous irons dans une chambre poursuivre la quête des deux étrangers d'une nuit de tendresse...
Nous laisserons quelques traces de mots sur deux sièges. Nous laisserons nos cigarettes. D'autres viendront prolonger notre soirée et la fumée. Nous laisserons un peu de sommeil sur l'oreiller. D'autres viendront et s'endormiront dans notre sommeil. Comment avons-nous cru nos corps dans les hôtels? Nos secrets? D'autres viendront et prolongeront notre cri dans le noir des deux cris confondus... Et nous ne sommes que deux numéros étendus dans un lit ouvert en libre pâture, et nous disons ce qu'ont dit deux passants par l'amour, il y a peu. Et viendront les adieux rapides, rapides. Cette encontre dut-elle brève, pour que nous oubliions ceux qui nous ont aimés dans d'autres hôtels? N'as-tu pas dit un jour ces mots crus, à un autre que moi? N'ai-je pas dit un jour ces mots crus, à une autre que toi, dans un autre hôtel ou ici, dans ce lit? Nous ferons les mêmes pas, que viennent d'autres, qui feront ces pas...